Comment faire son deuil ?

 

« Je vis dans l’impatience de la mort. Elle est comme une vieille amie que j’ai appris à connaître pendant des années. Pour moi ce n’est pas vraiment une séparation mais une continuation. Ce n’est pas une fin mais un renouveau. C’est comme sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière »

Abbé Pierre

 

3531746Les éclairages du guide totus

 

Le Guide Totus des obsèques nous donne des pistes de réflexion dessus :

"Après le temps du choc de l’annonce du décès, de la célébration et de l’inhumation ou de la crémation, vient le temps
du retour à la vie normale. C’est un temps douloureux où les personnes en deuil se retrouvent souvent seules. Leur souffrance ne peut pas être effacée mais on peut les aider à mieux vivre avec. Car si le deuil n’est plus un fait social, il est l’objet d’un courant de solidarité qu’incarnent les associations qui oeuvrent dans ce domaine."

 

Sujets abordés dans le livre :

Un bouleversement à accueillir
Le temps des obsèques, essentiel pour vivre le deuil
Le deuil à l’école de Jésus
Accompagner le deuil
      Les groupes de parole
      Les ateliers d’écriture
      L’oeuvre de Montligeon
Les fêtes de mémoire des morts
      La Toussaint
      Le 2 novembre

 

 

 

3550902En outre, Philippe Auzenet, dans "Surmonter l'épreuve" explique :

 

"Nous n’avons pas le choix : tous nous mourons. La mort est une obligation dans la nature, puisque tous les êtres vivants sont appelés à disparaître. La vie sur cette terre implique donc obligatoirement la mort, et cette connaissance de nos limites devrait d’ailleurs contribuer à donner une plus grande valeur à notre vie. En effet, en sachant que celle-ci est limitée dans le temps, nous pouvons nous employer à bien l’utiliser et à la rendre meilleure. (...)"

 

Les souffrances du deuil

"Au siècle dernier, la mort était vécue d’une tout autre manière que maintenant : le deuil était porté, l’envoi de condoléances d’usage, les pendules étaient arrêtées… toutes les activités, toutes les habitudes étaient bouleversées pour se consacrer totalement au deuil.

Le deuil est l’un des traumatismes les plus violents pour l’être humain. Nous sommes en état de choc. Il peut s’agir de la perte d’un être cher, d’un animal, mais aussi d’un emploi auquel nous tenions tant, ou de tout autre élément auquel nous étions fortement attaché : réputation, honneur, liberté de mouvement ou d’être, santé.

Il est normal de souffrir lorsque nous sommes en deuil d’un être cher. Nous nous étions attachés à lui, à son être, à son rayonnement, à son comportement, à ses qualités. Peut-être même, nous vivions 24 h sur 24 avec lui depuis plusieurs dizaines d’années, dans une très bonne entente, et en ayant le sentiment que nous étions inséparables. Puis soudain, ce fut le grand vide, annoncé ou non à  l’avance."


Plusieurs étapes


"L’autre n’est plus là. Nous n’arrivons pas à l’imaginer, à l’accepter, à l’intégrer.

 

Suit une extériorisation de sentiments de tristesse, d’horreur, de douleur, qu’il faut à tout prix tenter de ne pas réprimer. Cette extériorisation est positive, en ce qu’elle nous permet d’intégrer réellement ce qui s’est passé, et de l’exprimer. Si nous ne le faisons pas et refoulons nos émotions, nous faisons barrage au processus de deuil, et cachons la réalité de cette disparition derrière une façade qui un jour ou l’autre devra céder.

Viendra ensuite un sentiment de profonde solitude, d’isolement, et de dépression lié à la séparation. Pas facile de revenir à la maison après le décès du conjoint à l’hôpital, car nous réintégrons le cadre dans lequel vivait l’être cher à notre cœur. Je reconnais personnellement que la disparition de mon père fut l’un des moments les plus douloureux de ma vie. J’ai d’ailleurs conservé ses chaussons et sa casquette, et je regarde quelquefois l’empreinte de ses pieds dans ses chaussons, avec beaucoup d’émotion. Il est parti. Il doit être là-haut, là où l’ont précédé tant d’autres. Il sait ce qu’il y a de l’autre côté.

Certaines personnes endeuillées peuvent être saisies d’un sentiment de panique. Elles n’arrivent plus à se concentrer sur autre chose que la perte qu’elles viennent de subir. La peur de l’inconnu les saisit, elles ne savent plus comment vivre et se réorganiser. La vie n’a plus de sens sans la présence de l’être aimé. Des sentiments de culpabilité les envahissent : « ai-je vraiment tout fait pour son bien-être du temps de son vivant, ah si j’avais su plus tôt… ».

Vient ensuite la phase où l’on réalise pleinement le décès, et où l’on est parfois saisi d’un sentiment de colère et d’amertume. Pourquoi a-t-il été pris ? Pourquoi cela est-il arrivé à mon enfant, si jeune ? L’irruption de ces sentiments est normale."

 

Un processus qui prend du temps


"Des mois passeront. L’espoir reviendra, avec le retour à une vie moins douloureuse, et sur de nouvelles bases. Puis on acceptera la réalité. Il (elle) ne reviendra pas.

Un processus de deuil prend toujours du temps : une à deux années. Il peut être accompagné d’une dépression réactionnelle qui devra être soignée.

N’écoutons pas les conseillers maladroits, qui affirment quelques semaines après la disparition de l’être cher : « Allez, tourne la page, vite, et tu verras que cela ira mieux ! ». Ces conseillers sont souvent des personnes qui n’ont jamais traversé un deuil de près. A l’inverse, il n’est pas juste de rester trop longtemps dans un processus de deuil, car nous tarderons à intégrer la réalité, et cheminerons d’autant plus difficilement vers la restauration."

3550902Pour ce thème comme pour toutes les épreuves de la vie, Philippe Auzenet nous donne ainsi des clefs pour mieux comprendre ce qui nous arrive afin de mieux surmonter l'épreuve.